Étude Ford : 18 mois d'exosquelettes sur 198 travailleurs — ce que les résultats disent vraiment
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L’étude Kim et al. (2022), publiée dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, est la plus grande étude longitudinale jamais réalisée sur les exosquelettes en milieu industriel. Menée sur 198 travailleurs Ford, dans 9 usines américaines, pendant 18 mois, elle a mesuré une réduction de 52 % des consultations médicales liées aux TMS de l’épaule chez les porteurs de l’EksoVest.
Mais cette étude dit aussi autre chose, rarement cité dans les argumentaires commerciaux : 38 % des travailleurs n’ont pas souhaité continuer à porter l’exosquelette à l’issue du test. Ce double résultat — efficacité prouvée et limites identifiées — en fait l’étude la plus instructive du marché.
Cet article analyse les résultats complets, ce qu’ils signifient pour les entreprises françaises confrontées aux TMS, et la conclusion que nous en tirons chez Exomat sur la méthode de choix d’un exosquelette.
- Pourquoi cette étude est différente des autres
- Quels sont les résultats de l’étude Ford ?
- Pourquoi 38 % des travailleurs n’ont pas voulu continuer
- Que disent les autres études sur ce sujet ?
- Ce que cette étude signifie pour votre entreprise
- Combien peut économiser une entreprise avec −52 % de consultations TMS ?
- L’Ekso EVO : de l’EksoVest à l’exosquelette le plus étudié au monde
- Questions fréquentes
Pourquoi cette étude est différente des autres
L’étude Ford/Virginia Tech se distingue par son protocole et son échelle. La grande majorité des études sur les exosquelettes sont conduites en laboratoire, sur des sujets jeunes et en bonne santé, pendant quelques heures. D’après la revue systématique de De Bock et al. (2022, Applied Ergonomics), seulement 19 % des participants dans les 139 études analysées étaient de vrais travailleurs en poste.
L’étude Kim et al. change la donne sur trois points.
Des postes réels, pas un laboratoire. Les travailleurs effectuaient leurs tâches habituelles — assemblage, soudure, câblage, peinture — dans 9 usines Ford aux États-Unis. Les conditions de test reproduisent les contraintes quotidiennes : cadence, chaleur, fatigue accumulée.
18 mois de suivi. La plupart des études publiées couvrent une session unique ou quelques semaines. Ici, les chercheurs ont mesuré l’effet sur plus d’un an. C’est la différence entre mesurer une réaction immédiate et mesurer un impact réel sur la santé.
Un groupe témoin rigoureux. 41 porteurs d’EksoVest ont été comparés à 83 travailleurs non équipés, sur les mêmes postes et les mêmes sites. Ce protocole comparatif a été publié dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, revue peer-reviewed de référence en santé au travail.
Source : Kim S. et al. (2022), Journal of Occupational and Environmental Medicine — Ford Motor Company, Virginia Tech, UAW.Quels sont les résultats de l'étude Ford sur l'exosquelette EksoVest ?
−52 % de consultations médicales TMS de l’épaule
198 travailleurs · 9 usines Ford · 18 mois de suivi Publié dans : Journal of Occupational and Environmental Medicine
Au-delà du résultat médical, l’étude rapporte trois indicateurs complémentaires :
64 % des travailleurs rapportent une réduction de l’effort physique perçu lors des tâches bras en hauteur.
Le confort est stable dans le temps. L’exosquelette n’est pas abandonné après la phase de nouveauté — le ressenti reste positif sur toute la durée de l’étude.
62 % des travailleurs souhaitent continuer à utiliser l’EksoVest après la fin du protocole.
Pour contextualiser avec les données françaises : en 2024, les affections périarticulaires (épaules, coudes, poignets) représentent 40 976 cas reconnus de maladies professionnelles, en hausse de 7,2 % sur un an. Le coût moyen direct d’un TMS est de 19 000 € par cas pour l’entreprise (source : Assurance Maladie – Risques Professionnels, Rapport annuel 2024).
Pourquoi 38 % des travailleurs n'ont pas voulu continuer ?
Ce chiffre est rarement mis en avant. Il est pourtant aussi instructif que le −52 %.
Sur les 41 travailleurs équipés, 38 % n’ont pas souhaité poursuivre l’utilisation de l’EksoVest à l’issue des 18 mois. Les raisons identifiées par les chercheurs sont multiples.
La gêne thermique est le retour le plus fréquent : 18 % des porteurs signalent une accumulation de chaleur inconfortable, surtout en été et dans les usines peu ventilées.
L’ajustement morphologique ne convient pas à tous les gabarits. L’EksoVest, avec ses 3,4 kg et sa structure rigide, impose des contraintes que certaines morphologies tolèrent mal sur un shift de 8 heures.
L’inadaptation à certaines tâches : sur des postes nécessitant des mouvements latéraux fréquents ou un accès dans des espaces confinés, l’exosquelette peut gêner plus qu’il n’aide.
Ce constat est confirmé par la revue scoping de Bhat et al. (2025, Wearable Technologies, Cambridge University Press) — 49 études analysées — qui identifie le confort, l’ajustement et l’acceptation psychosociale comme facteurs déterminants de l’adoption à long terme.
La conclusion n’est pas que l’exosquelette ne fonctionne pas. C’est qu’un modèle validé scientifiquement ne convient pas nécessairement à tous les postes, toutes les morphologies et tous les travailleurs d’une même entreprise. La variabilité inter-individuelle est la norme, pas l’exception.
Si un modèle validé par 18 mois d’étude ne convient qu’à 62 % des travailleurs d’un même site, la question n’est pas « quel est le meilleur exosquelette » — c’est « quel est le bon pour chaque poste ». C’est exactement ce que permet un test comparatif en conditions réelles.
Que disent les autres études sur l'efficacité des exosquelettes ?
| Étude | Modèle | Protocole | Résultat principal |
|---|---|---|---|
| Kim et al. 2022, J. Occup. Environ. Med. | EksoVest | 198 travailleurs, 9 usines Ford, 18 mois | −52 % consultations médicales TMS épaule |
| Rafique et al. 2024, SAGE | EksoVest | Tâches overhead contrôlées | −66 % activité musculaire deltoïde |
| Jorgensen et al. 2022, Int. J. Ind. Ergonomics | EVO + Skelex + Paexo | 16 ouvriers aéronautique (8H/8F) | Réductions EMG variables selon modèle et tâche |
| Ding et al. 2023, Wearable Technologies | EksoVest (référence) | Comparaison avec nouvel exo passif | −13 à −15 % EMG trapèze supérieur |
| Perez Luque et al. 2020, IOS Press | EVO + Paexo + MATE | Simulation automobile (Volvo) | Restrictions d'amplitude variables selon le modèle |
Sources : publications peer-reviewed indexées PubMed/Scopus. Tableau compilé par Exomat.
Le point commun de ces études : les résultats varient significativement selon la tâche, le poste, la morphologie du porteur et le modèle testé. L’étude Jorgensen et al. (2022) le montre en comparant trois exosquelettes bras sur les mêmes tâches aéronautiques : aucun modèle ne domine sur tous les critères.
C’est la raison pour laquelle un choix fondé uniquement sur une fiche technique ou une démonstration ponctuelle ne suffit pas.
Ce que cette étude signifie pour votre entreprise
L’étude Ford délivre un double enseignement.
Les exosquelettes fonctionnent. La réduction de 52 % des consultations médicales est un résultat mesuré sur 18 mois, sur des postes réels, avec un groupe témoin. Ce n’est pas une estimation ni un ressenti.
Le bon exosquelette ne se choisit pas sur catalogue. Si 38 % des travailleurs d’une même usine, sur des postes similaires, ne souhaitent pas continuer avec le même modèle, c’est que le choix dépend de variables que seul un test terrain comparatif peut révéler.
L’étude d’Innsbruck (Johns/Reimeir et al., 2023, Wearable Technologies) confirme cette variabilité en comparant 5 exosquelettes dorsaux : les réductions d’activité musculaire changent selon le mouvement testé. Un modèle performant sur une tâche peut être neutre sur une autre.
C’est cette réalité qui a conduit Exomat à créer l’EXOBOX : un programme de test qui permet de comparer 3 à 5 exosquelettes de marques différentes, pendant 2 semaines, directement sur vos postes, avec vos équipes. Le modèle retenu est celui que vos collaborateurs ont eux-mêmes validé.
Combien peut économiser une entreprise avec −52 % de consultations TMS ?
Les TMS de l’épaule génèrent des coûts directs (consultations, arrêts, remplacement, cotisations AT/MP) et des coûts indirects estimés à 4 à 10 fois les coûts directs (désorganisation, perte de productivité, turnover).
Coût moyen d’un arrêt > 150 jours : 35 097 €
Ces arrêts longs représentent 12 % des AT mais 77 % des dépenses. Source : Assurance Maladie – Risques Professionnels, Rapport annuel 2024
Si un équipement réduit de moitié les consultations médicales liées aux TMS sur les postes à risque, le calcul est direct : un seul arrêt long évité rembourse l’investissement de 5 à 7 exosquelettes.
Pour une entreprise industrielle de 200 salariés avec un indice de fréquence supérieur à la moyenne nationale (26,4 pour 1 000 salariés en 2024), l’impact est structurel : réduction des arrêts, baisse du taux de cotisation AT/MP sur la triennale, amélioration de la productivité et de l’attractivité employeur.
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L'Ekso EVO : de l'EksoVest à l'exosquelette le plus étudié au monde
L’EksoVest utilisé dans l’étude Ford est le prédécesseur de l’Ekso EVO, distribué en France par Exomat. L’EVO est la version actualisée : plus légère, plus ajustable, fondée sur le même principe d’assistance passive.
Avec 13 publications scientifiques peer-reviewed, l’Ekso EVO est l’exosquelette pour bras et épaules le plus documenté au monde. Les études couvrent l’automobile (Ford, Volvo), l’aéronautique (Jorgensen et al. 2022), la construction (Bennett et al. 2023) et les PME industrielles (Schwerha et al. 2021, 2022).
Caractéristiques techniques : assistance passive dès 20° d’élévation du bras, jusqu’à 7 kg d’assistance par bras, poids de 3,4 kg, sans harnais, sans batterie, sans maintenance électrique.
L’EVO est disponible en test dans le cadre de l’EXOBOX, aux côtés des autres exosquelettes de la gamme Exomat (HUNIC SoftExo, HeroWear Apex 2, Mawashi UPLIFT) pour une comparaison en conditions réelles.
→ Voir la fiche complète de l’Ekso EVO distribué par Exomat
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Questions fréquentes
L'étude Ford est-elle indépendante et fiable ?
L’étude a été menée par Ford, Virginia Tech et le syndicat UAW, puis publiée dans le Journal of Occupational and Environmental Medicine, une revue peer-reviewed. Le protocole avec groupe témoin de 83 travailleurs renforce sa fiabilité.
Les résultats de −52 % sont-ils transposables à d'autres secteurs ?
Ce chiffre concerne des postes d’assemblage automobile avec travail bras levés prolongé. Les résultats dépendent des gestes et contraintes spécifiques de chaque poste. Un test terrain comparatif reste indispensable.
Quelle différence entre l'EksoVest de l'étude et l'Ekso EVO ?
L’EVO est la génération suivante de l’EksoVest, avec des améliorations d’ajustabilité et de confort. Le principe d’assistance passive est identique. L’EVO est distribué en France par Exomat.
Comment tester l'Ekso EVO sur mes postes ?
L’EXOBOX d’Exomat permet de tester l’EVO aux côtés d’autres modèles pendant 2 semaines sur vos postes réels, avec un rapport d’évaluation comparatif. Formules à partir de 1 390 € HT.
Un exosquelette qui fonctionne, c'est un exosquelette choisi sur le terrain.
L’EXOBOX vous permet de comparer 3 à 5 modèles pendant 2 semaines, sur vos postes, avec vos équipes. Le bon choix, ce sont vos collaborateurs qui le font.
Fondateur & CEO, Exomat
Spécialiste des exosquelettes professionnels. 250+ entreprises accompagnées, 4 000+ heures de terrain.
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