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TMS au travail : comprendre et prévenir les troubles musculosquelettiques

Première maladie professionnelle de France depuis vingt ans — et toujours en progression. Ce guide fait le point : définition, causes, coûts réels et leviers qui fonctionnent.

TMS : définition et état des lieux 2026

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des atteintes des muscles, tendons et nerfs provoquées ou aggravées par le travail : gestes répétitifs, port de charges, postures contraignantes, vibrations. Ils touchent principalement le dos, les épaules, les coudes et les mains, et représentent près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France.

En 2024, l’Assurance Maladie a reconnu 44 723 nouveaux cas de TMS (+6,6 % en un an) — et la manutention manuelle est à l’origine de 50 % des 549 614 accidents du travail. Vingt ans de plans de prévention, de formations gestes et postures et d’affichages en salle de pause n’ont pas inversé la courbe : elle accélère. Ce guide explique pourquoi — et ce qui fonctionne réellement, données du rapport annuel 2024 et études à l’appui.

Employeur ou préventeur ? Les chiffres de votre secteur sont dans le tableau de sinistralité par activité plus bas dans ce guide.

Les TMS en France : les chiffres clés 2024

Données issues du rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en novembre 2025. Elles couvrent l'ensemble des secteurs du régime général.

44 723
nouveaux cas de TMS reconnus en 2024 (+6,6 %)
90 %
des maladies professionnelles reconnues sont des TMS
50 %
des accidents du travail ont pour origine la manutention manuelle
334 279
équivalents temps plein perdus en arrêts — une ville moyenne à l'arrêt

Les TMS les plus fréquents : quelles pathologies, quelles localisations ?

Les TMS regroupent des pathologies précises, reconnues par les tableaux de maladies professionnelles — principalement le tableau 57 du régime général (40 976 cas en 2024, +7,2 %). Mais attention au piège statistique : le dos, lui, passe majoritairement en accident du travail. Pour mesurer le risque réel, il faut additionner les deux compteurs.

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LocalisationPathologies typiquesCe que disent les chiffres 2024
Dos (rachis lombaire)Lombalgies d'effort, affections chroniques liées à la manutention ou aux vibrationsLe géant caché : la manutention manuelle est à l'origine de 50 % des accidents du travail et 48 % des journées d'arrêt — auxquels s'ajoutent 2 732 maladies professionnelles reconnues (tableaux 97-98)
ÉpauleTendinopathie de la coiffe des rotateurs37 % des TMS reconnus en maladie professionnelle — la première localisation, hommes et femmes confondus
CoudeÉpicondylite, épitrochléite≈ 23 % des TMS reconnus
Main, poignet, doigtsSyndrome du canal carpien, tendinites21 % chez les hommes — et jusqu'à 38 % chez les femmes
GenouLésions chroniques du ménisque (tableau 79)931 cas en 2024, +6,9 % en un an

Sources : Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2024 (tableaux 6 et 20, figure 102).

Deux localisations écrasent toutes les autres : le dos et l’épaule — précisément les deux zones du corps que les dispositifs d’assistance physique savent aujourd’hui soulager. Ce n’est pas un hasard si c’est là que la recherche sur les exosquelettes s’est concentrée. Mais avant les solutions, il faut comprendre pourquoi ces pathologies résistent à vingt ans de prévention.

D'où viennent les TMS — et pourquoi la courbe ne baisse pas

Les TMS sont multifactoriels — c’est le consensus scientifique, formalisé notamment par l’INRS. Trois familles de facteurs se combinent, et c’est leur accumulation qui use les tissus, année après année.

Biomécaniques

La charge physique du poste

Gestes répétitifs, port de charges, postures contraignantes, bras levés, vibrations. C'est le facteur direct — celui qui abîme les tissus — et le plus difficile à éliminer : sur des millions de postes, le geste reste humain.

Organisationnels

Le rythme et les marges de manœuvre

Cadences, absence de rotation, pauses insuffisantes, pas de latitude sur sa façon de travailler. Ces facteurs amplifient l'exposition biomécanique — c'est sur eux que la prévention a le plus agi depuis vingt ans.

Individuels

La personne au poste

Âge, ancienneté, antécédents, morphologie : à poste égal, deux salariés ne s'usent pas pareil. C'est pourquoi une solution unique imposée à tous échoue — et pourquoi le test individuel compte.

Voici le nœud du problème : depuis vingt ans, la prévention a massivement travaillé les facteurs organisationnels — rotations, formations gestes et postures, aménagements. Des progrès réels. Et pourtant : +6,6 % de TMS en 2024, +7,2 % pour les affections périarticulaires. Pourquoi ? Parce que sur une immense partie des postes, la charge biomécanique elle-même n’a pas bougé : un soignant soulève toujours des patients, un ripeur tire toujours des bacs, un plaquiste tient toujours ses bras au-dessus des épaules. On peut organiser le travail autour du geste — pas supprimer le geste. C’est ce « dernier mètre biomécanique » que ni la réorganisation ni la robotisation ne prennent en charge — et c’est exactement là que se joue la prochaine décennie de prévention.

Le port de charges est encadré par des limites précises — souvent mal connues : réglementation et limites du port de charges au travail.

Quels secteurs paient le plus lourd tribut ?

La sinistralité n’est pas uniforme : trois grands secteurs concentrent l’essentiel du risque. L’indice de fréquence (IF) mesure le nombre d’accidents du travail pour 1 000 salariés — la moyenne nationale 2024 est à 26,4.

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Secteur (CTN)AT 2024IFNos solutions
Services II — santé, action sociale, nettoyage, intérim (CTN I)156 57139,8Soignants · Collectivités
Bâtiment et travaux publics (CTN B)72 63338,1BTP
Transports, eau, gaz, électricité (CTN C)85 15036,6Logistique
Bois, ameublement, papier, textile (CTN F)14 36333,3Industrie
Alimentation (CTN D)93 73532,5Agriculture & agro
Métallurgie (CTN A)40 16122,6Industrie

Sources : Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2024 (tableau 7) — 549 614 AT au total sur les 9 CTN, IF national 26,4. IF = accidents du travail pour 1 000 salariés.

Trois secteurs dépassent un IF de 36 — soit près d’un accident pour 25 salariés chaque année. Dans chacun, les métiers en tension sont ceux où le corps travaille : manutention, transferts, postures. Reste à mesurer ce que cette sinistralité coûte réellement.

Ce que coûtent réellement les TMS

1 408 M€
de dépenses 2024 pour le seul tableau 57 — 42,8 % de toutes les dépenses MP
+63 %
de hausse de ces dépenses depuis 2012 — la courbe des coûts accélère
19 000 €
de coût direct moyen d'un TMS pour l'entreprise
35 097 €
de coût moyen d'un arrêt de plus de 150 jours

Et encore : ces montants ne comptent que le visible. S'y ajoutent les lombalgies passées en accident du travail (≈ 1 Md€/an pour la branche), et les coûts indirects qu'aucune cotisation ne mesure : remplacement et formation, désorganisation des équipes, perte de savoir-faire, inaptitudes et reclassements. Les préventeurs estiment ces coûts indirects à 2 à 7 fois le coût direct. Un TMS évité n'est pas une économie de cotisation — c'est un poste qui continue de tourner.

Le calcul qui change la discussion budgétaire : avec un coût direct moyen de 19 000 € — et un coût complet souvent 3 à 5 fois supérieur — un seul TMS évité finance l'équipement de plusieurs postes en solutions d'assistance physique. La question n'est plus « combien coûte la prévention », mais « combien coûte chaque année sans ». Faites le calcul pour vos postes avec notre calculateur de ROI.

Prévenir les TMS : ce qui marche — et le levier qui reste

La prévention des TMS suit une hiérarchie établie : agir sur l'organisation d'abord, sur le poste ensuite, sur la charge physique enfin. Chaque étage a fait ses preuves — mais aucun ne suffit seul, et le troisième reste le plus sous-exploité.

1

L'organisation du travail

Rotation des postes, régulation des cadences, marges de manœuvre, formation. Le socle — massivement déployé depuis vingt ans.

Indispensable — mais a plafonné
2

L'ergonomie du poste

Hauteurs réglables, aides mécaniques, réaménagements de flux. Efficace partout où le poste est fixe et la tâche standardisée.

Efficace — quand le poste s'y prête
3

La réduction de la charge sur le corps

Quand le geste reste humain et mobile — transferts de patients, tournées, chantiers — c'est le corps lui-même qu'il faut assister : c'est le terrain des exosquelettes.

Le levier qui reste

Le constat 2024 tient en une phrase : les étages 1 et 2 sont largement déployés, et la courbe monte encore de 6,6 %. Ce qui reste, c'est la charge biomécanique irréductible des postes mobiles et variables — celle qu'aucune réorganisation n'efface. C'est exactement le terrain sur lequel les exosquelettes ont été conçus, et celui où ils sont désormais évalués scientifiquement.

Ce que les études mesurent réellement

Sur 18 mois et 198 travailleurs de 9 usines, l'étude Ford (Kim et al. 2022) a mesuré −52 % de consultations médicales liées aux TMS de l'épaule chez les porteurs d'exosquelettes de membres supérieurs. En laboratoire, Rafique et al. (2024) relèvent jusqu'à −66 % d'activité musculaire du deltoïde bras levés, et les dispositifs dorsaux textiles réduisent jusqu'à −47 % la fatigue lombaire mesurée (Lamers et al. 2020, Scientific Reports).

La même étude Ford documente aussi 38 % d'abandon quand le modèle est imposé sans test : un exosquelette mal choisi finit au vestiaire. L'efficacité existe — à condition de choisir le bon modèle pour le bon poste, et de le faire valider par ceux qui le porteront. C'est toute la logique du test comparatif en conditions réelles.

Notre décryptage complet de l'étude Ford · les 26 études qui documentent notre gamme · les exosquelettes professionnels : types et usages

Sources : Kim et al. 2022, J. Occup. Environ. Med. ; Rafique et al. 2024 ; Lamers et al. 2020, Scientific Reports.

Questions fréquentes sur les TMS au travail

Qu'est-ce qu'un TMS exactement ?

Un trouble musculosquelettique est une atteinte des muscles, tendons ou nerfs provoquée ou aggravée par l’activité professionnelle : tendinites, syndrome du canal carpien, lombalgies, épicondylites. Les TMS représentent près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France, avec 44 723 nouveaux cas en 2024.

L’épaule d’abord (environ 37 % des TMS reconnus), puis le coude et la main. Le dos est un cas à part : ses atteintes passent majoritairement en accident du travail — la manutention manuelle est à l’origine de 50 % des accidents du travail en France.

Par les tableaux de maladies professionnelles du régime général — principalement le tableau 57 pour les affections périarticulaires, et les tableaux 97-98 pour le rachis lombaire. La reconnaissance suppose un diagnostic médical et des conditions d’exposition définies par le tableau ; l’employeur est ensuite impacté via sa cotisation AT/MP.

Environ 19 000 € de coût direct moyen — et jusqu’à 35 097 € pour un arrêt de plus de 150 jours. Les coûts indirects (remplacement, désorganisation, perte de savoir-faire) représentent 2 à 7 fois ce montant. Notre calculateur de ROI permet d’estimer l’enjeu sur vos propres postes.

Les études mesurent des effets réels : −52 % de consultations TMS de l’épaule sur 18 mois chez Ford, jusqu’à −66 % d’activité musculaire du deltoïde bras levés, −47 % de fatigue lombaire pour les modèles dorsaux textiles. Deux conditions : choisir le modèle adapté au poste, et le faire valider par les porteurs — sans test, l’étude Ford documente 38 % d’abandon.

Vos postes ont leur propre équation TMS. Résolvons-la.

Décrivez vos postes et leurs gestes : nous vous dirons si l’assistance physique y a sa place, quels modèles méritent d’être testés — et lesquels ne serviraient à rien.

Sources de ce guide

  • Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2024 (publié en novembre 2025) — tableaux 6, 7 et 20, figure 102, dépenses imputées par tableau de MP.
  • INRS, dossier « Troubles musculosquelettiques ».
  • Kim et al. 2022, Journal of Occupational and Environmental Medicine — étude Ford, 198 travailleurs, 9 usines, 18 mois.
  • Rafique et al. 2024 — activité musculaire du deltoïde en travail bras levés.
  • Lamers et al. 2020, Scientific Reports — exosquelettes dorsaux textiles et fatigue lombaire.

Guide mis à jour en août 2026.